Mona Chasserio

Presentation des activités humanitaires en Afrique de l'Ouest de l'association

Un jour, à 42 ans, elle quitte tout.

 « J’ai eu une ouverture spirituelle et j’ai compris que les médicaments ne suffisaient pas à soulager les personnes. Pour soigner efficacement, il faut remonter à la source : le psychique »

Elle décide de vivre avec les gens de la rue.

« J’ai été la première femme à m’occuper des personnes dans la rue en France. Ces personnes m’ont acceptée car je ne les jugeais pas »

« La tragédie des sans-abris, j’en ai pris conscience au côté de l’abbé Pierre. Il m’a transmis un regard sur les personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté ».

Elle fonde Cœur de femme, une maison refuge près de la gare de Lyon à Paris.

« Au-delà d’un lieu de vie, je voulais que ces femmes se reconstruisent, se retrouvent elles-mêmes ».  La méthode, celle de Théodore Monod, un escalier à 5 marches.  « Je disais aux femmes de ne pas brûler les étapes pour passer de l’inexistence à l’existence. Au fur et à mesure, tu chemines vers la conscience de toi-même. On est vraiment dans le : je suis, je me connais, je sais où je vais. La plupart des gens aujourd’hui se lève le matin et se couche le soir mais ils ne savent pas vraiment pourquoi ils vivent. »

Puis elle part pour le Sénégal et pose ses valises dans un ancien tribunal d’instance au cœur des quartiers les plus pauvres de Dakar. Il sera rebaptisé « La Maison Rose », de la couleur de ses murs.

Mona y accueille les femmes qui rejettent leurs bébés car elles sont elles-mêmes rejetées par leur famille ou violées, les petites filles dont les mères sont prostituées et qui se font violer dans la rue. Mona poursuit la même méthode de reconstruction.

« Ici, les femmes restent le temps dont elles ont besoin. Leurs journées sont remplies par des ateliers (yoga, cirque, relaxation, broderie) pour se réapproprier leur corps ou faire remonter l’inconscient. Elles sont ici pour renaître ».